Les pharmacies en voie d’extinction ?

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L’Ordre des pharmaciens sonne l’alerte sur le risque de disparition des pharmacies. La nouvelle génération de pharmaciens n’arrivant pas à combler les fermetures provoquées par de nombreux départs en retraite, on peut légitimement se demander si à terme, les pharmacies ne sont pas en voie d’extinction.

En 2015, une pharmacie fermerait tous les deux jours en France. Un chiffre inquiétant, d’autant plus que le phénomène s’est accentué puisqu’en 2014, l’intervalle de leur fermeture était de trois jours. Sur une décennie, ce sont donc 1000 pharmacies qui ont mis la clé sous la porte, provoquant l’inquiétude quant au devenir de la profession.

La diminution du nombre de pharmaciens constitue l’explication principale à l’extinction des pharmacies. En effet, la génération vieillissante arrête ses activités sans qu’une nouvelle vague de pharmaciens ne vienne la remplacer.

Les choses ne risquent pas de s’améliorer en sachant que le nombre de pharmaciens retraités va tripler dans les cinq années à venir.

Le manque d’attractivité de la branche pharmacie

On peut alors se demander pourquoi la relève ne suit pas alors que l’on prévoit 16 000 départs de pharmaciens d’ici 2021.

La branche officinale est devenue aujourd’hui peu prisée, puisque seul un étudiant en pharmacie sur trois opte pour cette voie traditionnelle, délaissée au profit de l’industrie pharmaceutique et d’autres catégories d’emplois.

Les jeunes se détournent de la profession de pharmaciens, sans doute parce que l’emploi ne connait pas beaucoup de perspectives. En l’absence de nouvelles prestations, de nouvelles règles d’implantation et d’une redéfinition des bonnes pratiques, les choses ne risquent pas de connaitre une issue plus positive. Sans parler de la menace des startup santé, qui s’attaquent aussi au secteur de la pharmacie.

Une des solutions pour répondre à ces challenges repose sur l’adoption de textes de lois pour encadrer cette situation.

Quelles solutions pour la survie des pharmacies ?

Actuellement, l’Ordre des pharmaciens réitère sa volonté de lutter pour que le rôle du pharmacien aille au-delà de la simple vente de médicaments. Celui-ci pourrait intervenir un peu plus par des suivis, des vaccinations ou encore des dépistages.

Si quelques textes existent pour introduire ces nouvelles fonctions, les revendications quant à leur application restent encore lettre morte.

Qu’on le veuille ou non, la profession dans la pharmacie subit une mutation provoquée par le changement des modes de vie. Aujourd’hui, on attend donc du pharmacien qu’il innove dans ses services et qu’il apporte un accompagnement sur mesure à chaque patient.

Le renouveau qui doit se faire doit impacter le statut même de la profession et ne saurait s’arrêter à la simple adoption de lois en matière de santé.

En attendant, l’ensemble de la France est confrontée à cette pénurie future de pharmacies, mais les régions les plus touchées concernent surtout l’Île-de-France, avec plus de 200 pharmacies qui ont disparu en cinq ans, soit de 2010 à 2015.

Malgré un constat qui semble alarmant au premier abord, il convient de souligner que la France n’est pas le seul pays européen en proie à cette disparition progressive de ses pharmacies.

Avec 34,41 pharmacies pour une surface de 1000 km2, la France dispose d’une bonne moyenne en termes de densité et se place loin devant les pays comme le Portugal, l’Irlande, la Suède ou encore le Danemark.

octobre 2nd, 2016 by